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Les orteils en éventail


Pieds

Hey Ada,

Ma douce, ma jamais flétrie, mon infatigable, mon amour imaginaire et sacré, rien ne se consumera jamais entre nous.

Tes moments de désespoir me touchent, pourtant je ne ressens pas le besoin pressant de te cajoler. Je sais que tu retrouves vite la flamme. Que tes montagnes russes t'emmènent très bas et très haut.

Tu as pour toi le verbe, le silence, le rire (tu as tellement fait rire ton esthéticienne l'autre jour - j'étais là, en bloc de cire dépilatoire, ok c'est spécial comme présence). Tu as pour toi l'envie de voyager seule, les concertos brandebourgeois et les cantates de Scarlatti. Nick Cave, les Blonde Redhead et Kate Bush. Je ne sais pas ce qui cloche chez toi. Peut-être un manque de structure. Non, en fait c'est pas si grave, ça, ce qui te plombe, c'est le sentiment constant d'être mal aimée, mal traitée, pas à ta place. C'est ton boulet. Alors que tu es aimée. Tu reçois beaucoup d’amour.

C'est à l'intérieur de toi qu'il y a du dissonant. Et c'est à l'intérieur de toi que tu peux agir. Selon moi, c'est le seul levier. La seule manière de repousser les malotrus, pas autrement.

On s'en fout que tu n'appartiennes à aucun monde, que tu ne rentres dans aucune case. Ce qui pèche, c'est que tu te sentes étrangère partout. Le but que tu dois te fixer, c'est de te sentir partout chez toi. Dans un camp de migrants, dans une soirée littéraire, dans une réunion d'école, dans un meeting politique ou dans un match de hockey. Chez ton ex, devant une assemblée de Vikings, face à un Klaus Kinski vitupérant.

Détends-toi. Un bouquin, une tisane ou un verre de Cahors, de grosses chaussettes. Le monde est exsangue, mais il peut être douillet par moments.

Je t'embrasse et te caresse les orteils, que tu devrais avoir en éventail.

Theus

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