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L'après-soleil c'est de la pub à deux balles


Cher Theus,

Le monde se consume. Nous nous consumons à petit feu. Les forêts primaires brûlent, les jaguars, les tapirs, les tamarins brûlent, nous brûlons. L'après-soleil c'est de la pub à deux balles. Ce qui est brûlé ne se reconstitue pas. L'épiderme, la forêt, l'amour. Quand c'est foutu, c'est foutu.

Le monde se consume. Je, tu, il, consomme. Des taille-crayons, du plastique pour couvrir les livres, du jus de pomme, du papier-toilettes. Des containers transbahutent couches pour nourrissons et canapés modulables. Nous consommons tous et nous ne savons plus comment arrêter la machine. La machine ne donne pas d'amour. La machine simplifie la vie, mais ne donne pas d'amour.

Notre amour se consume. Se meurt. Que faire quand on n'a plus d'amour? Quand on se ressent plus l'amour? Quand il reste juste le charbon, la matière calcinée.?

Quand on ne s'aime plus, on apprend à être seul. Plus seul que seul. On apprend le vertige d'être soi. On apprend à rentrer à la maison avec ses mille turpitudes du jour et à en faire une pelote grise. On apprend à vivre sans la joie simple de se prendre dans les bras, sans les regards complices que nous nous jetions dans les soirées entre amis. Sans l'autre qui veille sur soi. Pauvre peau sans protecteur, sans tendresse facile, nul ne te caressera plus machinalement au moment de l'endormissement. Tout ce qui était contraignant dans les contacts épidermiques disparaît, plus personne en train de bosser sur son ordinateur dans ton lit, plus personne qui prenne trop de temps sous ta douche, plus personne qui réclame son dû de sensualité hebdomadaire. Ce qui est calciné n'est plus là.

Notre amour se consume et je n'ai pas d'idée sur la marche à suivre, Quand l'amour a flambé, il reste la parole agressive, le mot dur qui décharge dans l'instant mais ne déleste pas. C'est que la braise rougeoie encore, me dis-je. Elle s'éteindra.

Mais sur la terre brûlée, on fait quoi?

Ada

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