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Nous aimerions tant une robotisation qui aime les humains


Bon, Theus, on fait quoi quand il ne reste rien ? Juste des miettes de soi. Un truc minimaliste et noir qui s’effrite, un amas de poussières ternes. Je connais ta réponse : tu n’y es pas encore arrivée, au rien. Continue. Tu peux faire mieux dans la destruction totale. Dénude-toi. Défais-toi de tout. Broie, coupe, lamine. Jusqu’à ne plus être glam’ du tout. Vas-y. Tu as de la marge. C’est du bon.

Je te connais, Theus.

J’ai visité des grottes cette semaine. De l’humide, du sombre, du lugubre. Les gouttes poisseuses des stalactites dans ma nuque et le sol hostile, dur. J’avais sur moi ma lampe torche, j’avais prévu le coup. J’ai vu des dessins préhistoriques, toute une genèse d’animaux bizarres et d’âmes grimaçantes. Tu étais pris dans ces visages. Et j’y étais. Pas glamour pour un sou.

Hé bon, un mal être ne venant jamais seul... il paraît qu’il ne suffit pas d’être bon dans son travail. Le cœur à l’ouvrage, ce n’est plus assez. Nous aimerions tant une robotisation qui aime les humains. Elle est créée par les humains, donc s’ils aiment leur prochain, ça devrait jouer, non ? À moins que l’humain n’aime pas l’humain.

Mais tant que les missiles ne grondent pas sur nos têtes et ne détruisent pas nos immeubles, ne nous apitoyons pas.

Je n’ai pas perdu mon emploi, pas cette semaine. Vous n’êtes pas assez performants, vous n’êtes pas assez productifs. Vous pensiez être à l’abri ? Nul n’est protégé. La détresse du traducteur rejoint celle de l'ouvrier. Juste combat. Tout est question de coûts.

Le coup, le vrai, porté les yeux dans les yeux serait le plus tolérable.

Mon envie, être dans le mouvement. Je suis apte aux changements. Que mon corps et mon esprit restent souples et calmes, dans ce monde qui va à 200 à l’heure.

Avec le coeur,

Ada

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